Et si la protection des mineurs passait par le DNS plutôt que par l’identification de tous les internautes ?
Publié sur LinkedIn le 21 aout 2026
Après la décision du Conseil constitutionnel sur l’interdiction générale des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une question mérite d’être posée :
faut-il vraiment demander à chaque internaute de prouver son âge ?
Il existe peut-être une autre approche : proposer directement chez les opérateurs des profils DNS de contrôle parental.
Trois modes pourraient être activables depuis l’espace client de l’opérateur ou l’interface de la box :
« Famille -15 ans »
→ réseaux sociaux bloqués ;
→ sites pornographiques bloqués.
« Famille -18 ans »
→ réseaux sociaux autorisés ;
→ sites pornographiques bloqués.
« Standard »
→ aucun filtrage lié à l’âge.
Le parent choisirait le profil applicable à la connexion ou, mieux, à chaque appareil ou ligne mobile de l’enfant.
L’intérêt ?
Plus besoin de demander à chaque adulte une pièce d’identité, son visage ou une preuve d’âge simplement pour consulter un réseau social.
Le contrôle serait placé au niveau du réseau familial et sous la responsabilité du titulaire de l’abonnement.
Cela correspond davantage à une logique de contrôle parental : les parents choisissent le niveau de protection selon l’âge et la maturité de leur enfant.
Techniquement, le principe existe déjà.
Un DNS filtrant peut empêcher la résolution de catégories de domaines : pornographie, réseaux sociaux, jeux d’argent ou autres contenus.
La CNIL recommande d’ailleurs les listes de blocage de sites ou de catégories dans les outils de contrôle parental.
Évidemment, ce n’est pas une solution magique.
VPN, DNS chiffré ou autres techniques peuvent permettre de contourner le filtrage.
Il faudrait donc compléter le DNS par un profil parental sur la box ou le terminal, protéger sa modification et encadrer les DNS alternatifs.
Autre impératif : la vie privée.
Pas d’historique détaillé transmis aux parents par défaut.
Pas d’exploitation commerciale.
Pas de conservation inutile des requêtes.
Le système doit filtrer, pas surveiller.
Pour les sites pornographiques, la législation actuelle impose déjà aux services concernés de vérifier l’âge : un DNS parental serait donc un complément, pas un remplacement, sauf évolution de la loi.
Mais pour les réseaux sociaux, cette approche mérite d’être étudiée.
Elle protège sans obliger toute la population à s’identifier.
La vraie question n’est peut-être pas :
« Comment vérifier l’âge de tout le monde ? »
Mais :
« Comment donner aux parents un moyen simple de protéger leurs enfants sans transformer Internet en contrôle d’identité permanent ? »
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